Absence d’un ami ©

Lorsqu’ils ont vu germer les blessures pourries,
les rancunes moisies et les sources taries,

L’absence d’un ami est un vibrant désert,
une mer dont on ne perçoit les ombres côtières,
un ciel impuissant face à la ronde des lunes,
une piste inlassablement happée par les dunes

On s’avance à pas lents, dominant l’impatience,
souhaitant ardemment devancer l’existence:
Rien ne sert d’écouter, la parole est silence,
rien ne sert de chercher, absente est la présence .

L’espace élu des rêves assoiffé d’oasis
s’abreuve de mirages pour noyer en complice
les méandres de l’ennui , asséché de néant,
tel un squelette enfoui sous les sables mouvants.

On peut y faire son nid, la portée d’une nuit,
y reprendre son souffle lorsque l’élan tarit.
Il faut veiller pourtant à ne pas y sombrer,
y nicher son bonheur serait désespéré.

Que ferait-on sans coeur au détour des chemins?
Ou trouverait-on l’ardeur pour aller vers demain?
si l’on ne garde un brin de cette corde de vie
qui nous traîne malgré nous loin de nos tragédies.

Ton absence, mon ami, est un vibrant désert
Je te lis dans la mer de nos partages d’hier
les yeux levés au ciel, c’est à ton clair de lune
que j’inscris l’avenir dans le sable de nos dunes.