Arabesque absurde ©

Dégager son âme
Citrouiller les mots
Ouvrir les pages aux couleurs parfumées
Retrouver Perche-chat
Se baiser de mots tendres
Trancher le poirier jusqu’au coeur des étoiles

Ecoute l’oiseautage des mirages menthe-à-l’eau !
Sirotte doucement les potions des plumiesques !
Tel un alligator plânant au-dessus de ton âme
L’odeur de violette démite le corps de ton astre.

Lorsqu’on s’envole comme un mioche
au moindre coup de pioche,
Lorsqu’on voit miroiter
Les penseurs déguindés,
On sent désamorcée la macro dérision
On perçoit déguelinguées les grandes révolutions

Minoisées sont les paroles intérieurement démenties
Apocalyptiques sont les gestes de remédisance fatiguée
Car à peine tournez-vous vos visages huileux
Que les ravages enveloppants du soleil de minuit
Vous tiendront en haleine sur les chantiers amers
Rien ne sert de mentir, vous êtes démasqués.

Dans les brassages saisissants des yeux d’un soir
Sous l’emprise bienfaisante des rêves revernis
Les pommiers de l’enfance s’évadent délicieusement
Alors que les pouffeurs d’images s’échappent miteusement

Dans le berceau mélancolique des sobriétés vermeilles
Occir le néant n’est que promesse de guinguette
Céder sous le charme du soleil bienveillant
Devient pour un instant semi-méridianesque
Et le désespoir de la fille sans voile
Fond sous l’aile meurtrie de ce sommier étal
Pendant que silhouettes et perce-neiges
Rampent honteuses derrière leur étiquette.