Dans la nuit transparence
exister fait violence.
L’être de formes rayonne
sans refuge ni filet.
Le bleu azur s’étiole.
Les ombres apeurées
s’affrontent jalousement
pour posséder enfin
quelque fine silhouette.
Tout son persécute.
Toute odeur écoeure.
La vérité trop pure
écorche doux et durs.
Dans la nuit transparence
Exister est démence
L’âme des scènes se meurt
orheline de coulisse.
L’espace sans pitié
opresse et puis transperce.
Le fer se forge au feu
de celui qui s’émeut.
La terre se fend béante
pour accueillir mouvante
dans la fusion des heures
les être dépités
d’être ainsi dépouillés.
Dans la nuit transparence
Exister est essence.
Les murs désabusés
contemplent impuissants
l’envol soudain des mots.
Les terres asséchées
ouvrent mécaniquement
leurs sillons aux semences.
Mais l’homme est liberté
arbitre,
juge,
protecteur,
et nul ne lui ôtera
le droit de se masquer.
